Ambassadeur Bocchit Edmond appelle à l’harmonisation des institutions pour l’intérêt national
Depuis plus de deux mois, l’ancien ministre des Affaires étrangères, Edmond Bocchit, multiplie les appels en faveur d’une plus grande harmonisation entre les institutions de l’État. Dans un contexte marqué par l’instabilité politique, l’insécurité et les défis liés à l’organisation des élections, son plaidoyer mérite une attention particulière.
En effet, aucune institution ne peut aujourd’hui prétendre relever seule les immenses défis auxquels le pays est confronté. L’heure n’est plus aux confrontations inutiles ni aux querelles de compétences. L’intérêt national exige une approche concertée, fondée sur le dialogue, la coopération et la recherche de solutions pragmatiques.
Les récentes préoccupations exprimées par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé concernant le montant du budget électoral soumis par le Conseil électoral provisoire (CEP) illustrent parfaitement la nécessité d’une meilleure coordination entre les institutions. Organiser des élections crédibles est une priorité nationale, mais cette exigence doit également tenir compte des réalités économiques du pays et de la capacité financière de l’État.
Dans cette perspective, la proposition défendue par Edmond Bocchit apparaît comme une démarche responsable. La mise en place d’une équipe technique ad hoc entre la Primature et le CEP permettrait d’examiner de manière approfondie les différentes rubriques budgétaires afin d’identifier les ajustements nécessaires et de parvenir à un consensus.
Une telle approche aurait plusieurs avantages : elle renforcerait la transparence dans la gestion des fonds publics, réduirait les tensions institutionnelles et rassurerait les partenaires nationaux et internationaux sur la volonté des autorités de travailler dans un esprit de collaboration.
L’appel de Bocchit Edmond rappelle une réalité fondamentale : les institutions républicaines ne doivent pas être perçues comme des adversaires, mais comme des partenaires poursuivant un objectif commun. Face à l’ampleur des défis actuels, la réussite du processus électoral dépendra en grande partie de la capacité des acteurs institutionnels à dialoguer et à trouver des compromis dans l’intérêt supérieur de la nation.
Aujourd’hui, les Haïtiens attendent moins des affrontements politiques que des résultats concrets. Ils veulent voir émerger une gouvernance fondée sur la concertation, l’efficacité et la responsabilité.
Le message porté par Edmond Bocchit va dans ce sens : lorsque les institutions s’harmonisent, c’est l’État qui se renforce, la démocratie qui progresse et la confiance des citoyens qui se reconstruit. Dans l’Haïti d’aujourd’hui, cette harmonisation n’est plus un luxe, mais une nécessité.